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Le Marché du Travail

Taux de chômage par région : où l'emploi résiste-t-il le mieux ?

Taux de chômage par région : où l'emploi résiste-t-il le mieux ?

Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage par région va de 6,8 % en Bretagne et en Pays de la Loire à 10,0 % dans les Hauts-de-France, pour 8,3 % en France hors Mayotte, selon la dernière donnée localisée de l'Insee. L'emploi tient mieux à l'ouest, et les inégalités de chômage se creusent encore d'un département à l'autre.

Le chômage régional en trois repères (2e trimestre 2026)

  • France hors Mayotte : 8,3 % de la population active, contre 7,5 % un an plus tôt.
  • Régions métropolitaines : de 6,8 % (Bretagne, Pays de la Loire) à 10,0 % (Hauts-de-France).
  • Départements : de 4,8 % dans le Cantal à 12,8 % dans les Pyrénées-Orientales.

Quel est le taux de chômage par région au deuxième trimestre 2026 ?

Le taux de chômage par région le plus récent porte sur le deuxième trimestre 2026 : l'Insee l'a publié le 18 septembre 2026, en moyenne trimestrielle corrigée des variations saisonnières. Ces taux de chômage localisés restent provisoires et peuvent bouger de quelques dixièmes à la publication suivante. Ils couvrent les treize régions de métropole et quatre départements et régions d'outre-mer, Mayotte restant hors du champ. Pour replacer ces chiffres dans les grandes tendances du marché du travail, la comparaison sur un an compte autant que le niveau.

Le tableau suivant reprend la série publiée par l'Insee pour chaque région, avec le même trimestre de 2025 comme point de comparaison.

Région2e trim. 20261er trim. 20262e trim. 2025
Hauts-de-France10,0 %9,8 %9,1 %
Occitanie9,7 %9,5 %9,0 %
Provence-Alpes-Côte d'Azur8,7 %8,6 %8,0 %
Île-de-France8,2 %7,9 %7,3 %
Grand Est7,9 %7,7 %7,2 %
Normandie7,9 %7,7 %7,2 %
Centre-Val de Loire7,8 %7,5 %6,9 %
Nouvelle-Aquitaine7,5 %7,3 %6,8 %
Bourgogne-Franche-Comté7,4 %7,3 %6,8 %
Auvergne-Rhône-Alpes7,2 %7,0 %6,5 %
Corse6,9 %6,8 %6,4 %
Bretagne6,8 %6,6 %6,1 %
Pays de la Loire6,8 %6,6 %6,1 %
France métropolitaine8,1 %7,9 %7,3 %
Guyane20,4 %19,3 %17,0 %
La Réunion18,8 %19,0 %15,4 %
Guadeloupe16,4 %15,2 %16,5 %
Martinique12,8 %13,5 %13,9 %
France hors Mayotte8,3 %8,1 %7,5 %

Source : Insee, taux de chômage localisés au 2e trimestre 2026, données provisoires parues le 18/09/2026.

Quelles régions ont le plus de chômage ?

Les Hauts-de-France affichent le taux de chômage régional le plus élevé de métropole, à 10,0 %, devant l'Occitanie (9,7 %) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (8,7 %). Ce trio occupe le haut du classement depuis de nombreux trimestres : le Nord et le Pas-de-Calais portent encore la trace des fermetures industrielles et minières, quand le pourtour méditerranéen attire des actifs plus vite que l'emploi salarié ne progresse, avec des salaires souvent inférieurs à la moyenne nationale.

Côté Occitanie, le contraste interne frappe : la région réunit à la fois le département au taux le plus élevé de métropole, les Pyrénées-Orientales, et l'un des plus bas, la Lozère. L'économie du littoral, tournée vers le tourisme et les services saisonniers, offre des contrats courts ; l'arrière-pays, moins peuplé, compte peu de demandeurs d'emploi rapportés à ses habitants.

L'Île-de-France, à 8,2 %, dépasse légèrement la moyenne nationale : la région concentre une part massive des postes qualifiés, mais la Seine-Saint-Denis tire sa moyenne vers le haut avec 11,5 %. Ce niveau moyen masque donc un écart géographique très marqué entre l'ouest parisien et la petite couronne nord.

Où l'emploi résiste-t-il le mieux ?

La Bretagne et les Pays de la Loire partagent le taux de chômage le plus bas de France métropolitaine, à 6,8 %. L'ouest du pays combine une industrie agroalimentaire dense, un tissu de PME réparti sur tout le territoire et une forte part d'emplois dans la construction navale, l'aéronautique ou la logistique. La Corse (6,9 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (7,2 %) suivent, portées par le tourisme pour la première et par la vallée industrielle du Rhône et les Alpes pour la seconde.

Un taux bas n'annonce pas pour autant un recrutement facile : dans ces régions, les employeurs signalent souvent des difficultés à pourvoir certains métiers, du soudage aux soins. Le chômage faible traduit alors une tension sur la main-d'œuvre plus qu'une abondance d'offres non pourvues pour tous les profils.

Entre les deux extrêmes, un groupe de régions se tient près de 7,5 % à 8 % : Grand Est, Normandie, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté. Dans le Grand Est, le travail frontalier vers le Luxembourg, la Suisse et l'Allemagne pèse sur les statistiques, et des filières nouvelles recrutent, comme le montrent les emplois de l'énergie solaire en Alsace.

Outre-mer : un chômage deux fois plus élevé qu'en métropole

Le taux de chômage des départements d'outre-mer reste sans commune mesure avec celui de la métropole : 20,4 % en Guyane, 18,8 % à La Réunion, 16,4 % en Guadeloupe et 12,8 % en Martinique au deuxième trimestre 2026. Sur un an, la Guyane et La Réunion prennent chacune 3,4 points, alors que la Martinique affiche une baisse de 1,1 point.

Ces séries d'outre-mer bougent plus fortement que les autres parce que l'estimation repose sur des échantillons plus petits : un écart d'un trimestre à l'autre se lit avec prudence. Mayotte, où l'Insee mène une enquête Emploi spécifique, reste hors des taux localisés ; c'est pourquoi le chiffre de référence s'écrit « France hors Mayotte ».

Comment se compare le chômage entre départements ?

Le chômage par département s'étale bien plus largement que celui des régions : de 4,8 % dans le Cantal à 12,8 % dans les Pyrénées-Orientales, soit un rapport de un à plus de deux et demi en métropole. Ce classement des départements, tiré de la même publication de l'Insee, montre que la moyenne régionale cache souvent des situations opposées à quelques dizaines de kilomètres.

Taux parmi les plus élevés2e trim. 2026Taux parmi les plus bas2e trim. 2026
Pyrénées-Orientales12,8 %Cantal4,8 %
Seine-Saint-Denis11,5 %Lozère5,0 %
Aude11,1 %Manche5,7 %
Hérault11,0 %Mayenne5,8 %

Pourquoi le littoral méditerranéen concentre les taux élevés

Trois des quatre départements au taux de chômage élevé bordent la Méditerranée : Pyrénées-Orientales, Aude et Hérault. Ces territoires gagnent des habitants chaque année grâce à leur climat et à des prix immobiliers longtemps plus modérés qu'en Provence, mais leur économie, centrée sur le tourisme, le commerce et les services à la personne, crée moins de postes stables que d'actifs arrivés. La Seine-Saint-Denis relève d'une autre logique : une population jeune, un niveau de diplôme plus faible en moyenne et des métiers peu qualifiés exposés à la conjoncture.

Des départements ruraux au plus bas taux de chômage

Le Cantal, la Lozère, la Manche et la Mayenne ont en commun une population active réduite, une agriculture et une industrie agroalimentaire solides, et le départ d'une partie des jeunes vers les métropoles pour leurs études ou leur premier poste. Un faible taux y traduit autant la démographie que la vitalité du marché local : la catégorie des actifs qui cherchent un emploi y est simplement moins nombreuse.

Quelle est l'évolution du chômage en 2026 ?

Le chômage en France progresse en 2026 : le taux national au sens du BIT atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit 2,7 millions de personnes, contre 8,1 % au trimestre précédent, d'après l'Informations rapides de l'Insee parue le 7 août 2026. Sur douze mois, le taux localisé de la France hors Mayotte gagne 0,8 point.

La hausse touche toutes les régions de métropole, de +0,5 point en Corse à +0,9 point dans les Hauts-de-France, l'Île-de-France et le Centre-Val de Loire : la dégradation est générale et non concentrée sur un bassin. Ce mouvement prolonge le ralentissement amorcé après la reprise décrite dans l'évolution du marché du travail depuis la pandémie. Le chiffre national du troisième trimestre 2026 est annoncé par l'Insee pour le 10 novembre 2026 ; les taux localisés suivent quelques semaines plus tard.

Comment l'Insee calcule les taux de chômage localisés

Le taux de chômage localisé rapporte le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) à la population active d'un territoire. Au sens du BIT, un chômeur a 15 ans ou plus, n'a pas travaillé du tout pendant une semaine donnée, est disponible pour un emploi sous quinze jours et a mené une recherche active dans le mois précédent, ou a trouvé un poste qui commence plus tard.

L'enquête Emploi de l'Insee mesure ce chômage au niveau national, mais son échantillon ne suffit pas à un chiffre fiable par département. Les taux localisés résultent donc d'une estimation : l'Insee répartit le chômage national à l'aide de données administratives, notamment les demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, puis lisse la série par trimestre.

Chômeur au sens du BIT
Personne sans emploi, disponible et en recherche active, quelle que soit son inscription à France Travail.
Demandeur d'emploi en catégorie A
Personne inscrite à France Travail, sans aucune activité dans le mois : un comptage administratif, distinct du taux de chômage.
Population active
Ensemble des personnes en emploi et des chômeurs ; le taux se calcule sur elle, pas sur toute la population en âge de travailler.

Cette différence de définition explique qu'un département puisse voir son nombre d'inscrits à France Travail varier sans que son taux de chômage bouge dans le même sens au même mois.

Utiliser ces chiffres pour un projet de mobilité professionnelle

Le taux de chômage d'une région renseigne sur les conditions générales du marché, pas sur la situation d'un métier précis. Un soudeur, une infirmière ou un développeur trouvent des postes dans les régions où le chômage est élevé, et peinent parfois dans celles où il est bas si leur secteur y recrute peu. Avant de déménager, mieux vaut croiser le taux local avec les offres publiées dans son métier, le coût du logement et la qualité des transports du bassin visé.

Pour un projet de reconversion ou une mobilité géographique, un rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP), gratuit, aide à vérifier si la formation envisagée débouche réellement sur un emploi dans la région choisie ; un demandeur d'emploi peut aussi prendre contact avec son conseiller France Travail pour connaître les aides à la mobilité auxquelles il a droit. Les métiers d'avenir et leurs besoins de recrutement donnent une autre lecture, par secteur plutôt que par territoire.

Chômage localisé : Mayotte, révisions et prochaines publications

Pourquoi Mayotte n'apparaît-elle pas dans le taux de chômage par région ?

Mayotte n'entre pas dans les taux localisés parce que l'Insee y conduit une enquête Emploi annuelle distincte, dont la méthode ne permet pas une série trimestrielle comparable. Le chiffre de référence des régions porte donc sur la France hors Mayotte.

Les taux d'un trimestre peuvent-ils être révisés ?

Les taux localisés d'un trimestre sont publiés comme provisoires et l'Insee les révise lors des publications suivantes, à mesure que les données d'emploi se consolident et que la correction saisonnière intègre de nouveaux mois. Un écart de 0,1 ou 0,2 point entre deux publications relève souvent de cette révision.

Où consulter le taux de chômage de son département ?

L'Insee publie chaque trimestre un tableau du taux de chômage par région et par département, avec des séries longues téléchargeables. L'Observatoire des territoires reprend ces taux de chômage localisés sous forme de carte, utile pour une lecture géographique rapide.

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